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Présentatrice à RTL


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© Photo by Marylène Bergmann 2011

Dans ta jeunesse, pensais-tu faire carrière dans la télévision? Te dirigeais-tu vers un autre secteur? Finalement, es-tu contente de ton long et merveilleux parcours?
Marylène Bergmann:
Non, je n’ai jamais pensé faire carrière à la télévision. J’étais une enfant très timide et dès que je devais prendre la parole en classe, c’était une véritable épreuve pour moi. D’ailleurs aucun de mes professeurs n’aurait pu imaginer que je me lance un jour dans une carrière médiatique! Vers l’âge de dix ou douze ans, lorsqu’on me demandait ce que je rêvais de devenir, je répondais : dessinatrice de mode. Et je passais des heures à faire des croquis de silhouettes, portant des modèles de ma création, que je réalisais ensuite avec du tissu, du fil et des aiguilles pour ma collection de poupées Barbie. Mais, la vie a voulu que je rencontre un jour Jacques Navadic et ma vie a pris alors une tout autre orientation. Cela dit, j’aime toujours autant dessiner et peindre, et ma passion se décline aujourd’hui sur des toiles.

On te voit moins souvent sur le petit écran, as-tu une occupation qui te ravisse en ce moment, comme la peinture? Penses-tu que tu te diriges vers d’autres secteurs ou tu n’abandonnes pas les médias pour autant?
MB:
Après 33 ans dans le milieu de la télévision, j’avoue que je suis actuellement dans une période de réflexion. Ça fait du bien de prendre du recul parfois dans le rythme de vie trépidant que la société nous impose. On voit alors les choses différemment, on s’attache à l’essentiel, on écoute son cœur et ses aspirations les plus profondes, et on sait alors dans quelle direction avancer. J’ai aujourd’hui des envies bien précises auxquelles j’ai envie de donner corps : la peinture, l’écriture… Le monde médiatique n’est jamais très loin, mais je n’ai plus envie d’être en permanence sous les projecteurs. Je veux faire les choses à mon rythme, en faisant des choix qui m’appartiennent vraiment, m’impliquer de façon beaucoup plus personnelle, exprimer ce qui est tout au fond de moi et que la télévision laissait seulement entrevoir. Cela dit, je reste une présentatrice-télé qui a bercé l’enfance de nombreux téléspectateurs, et cela me touche toujours infiniment lorsque des gens m’abordent en me disant que je fais partie de leurs souvenirs de jeunesse.

La télévision de tes débuts et celle de nos jours : tout a bien changé. Selon toi, en mieux? Dans cet univers, il faut s’adapter, aimer l’évolution (technique, les mœurs, etc)? Reviendrais-tu à la télévision que tu faisais dans les années 80?
MB:
Ca, c’est évident, la télévision a énormément changé. Entre le moment où j’ai débuté, à la fin des années 70 et l’époque actuelle, il y a même eu une véritable révolution dans la forme et le contenu. La multiplicité des chaînes, les moyens techniques ultra-performants, la concurrence impitoyable ont complètement bouleversé la donne. Faut-il s’en plaindre ou s’en réjouir? Chacun donnera une réponse différente. Personnellement, je suis heureuse d’avoir connu la période artisanale et pionnière de «Télé-Luxembourg». On a vécu dans ces années-là des choses extraordinaires et pourtant, nous avions très peu de moyens. On y mettait tout notre cœur. C’était une atmosphère chaleureuse et familiale qui nous unissait au public. On faisait vraiment partie de la famille des téléspectateurs.

Comment es-tu dans la vie privée? Souriante, belles soirées avec tes amis, zen et cool ? Tu croques la vie?
MB:
C’est à mes amis qu’il faudrait poser la question... C’est difficile de parler du regard que les autres peuvent avoir sur soi. Disons, que je pense être quelqu’un de sociable, qui aime rire et partager des moments de convivialité. Je suis une véritable épicurienne, donc cela se décline souvent autour d’une bonne table. Mais j’apprécie aussi les moments de solitude. Je dirais même que cela m’est nécessaire. J’ai besoin de me ressourcer de temps à autre, dans le silence et le calme, en marchant dans la nature par exemple, ou en peignant une toile. Je suis alors dans ma bulle et je me coupe totalement de l’agitation du monde, pour recharger mes batteries et mieux y revenir ensuite.

Quel est ton personnage, ton film, ton chanteur préférés? Y a-t-il quelqu’un que tu n’as jamais rencontré et que tu souhaiterais?
MB:
Un personnage?... Zorro, le héros de mon enfance, justicier insaisissable et mystérieux, volant au secours des plus faibles. Mon film préféré?... J’ai adoré «La route de Madison» de Clint Eastwood, que j’ai vu 7 ou 8 fois, en pleurant toujours autant. Mais, je suis très éclectique en matière de cinéma et parmi les films les plus récents, j’ai beaucoup apprécié aussi «Des hommes et des Dieux» et «La tête en friche». Mon chanteur préféré reste Dean Martin, je lui suis fidèle depuis l’âge de 13 ans, lorsque j’ai entendu pour la première fois une de ses chansons. Ce jour-là, je suis tombée sous le charme de sa voix qui a le don de m’apaiser et de me redonner le moral quand ça ne va pas trop. Une «cool attitude» très communicative! Qui j’aimerais rencontrer?... Aucune personnalité en particulier. Mais toute personne avec qui je prenne plaisir à parler et passer du temps. Je me nourris constamment de nouvelles rencontres dans des milieux très différents. C’est important de s’ouvrir aux autres et de s’intéresser à eux. Tout est question de générosité, de partage et de confiance. On peut être déçu parfois, évidemment, car la nature humaine a aussi des côtés sombres. Mais le risque en vaut la peine. Et puis, la vie nous apprend à devenir philosophe!

Le bonheur selon toi c’est quoi? Faire ce que l’on veut? L’argent? Le sourire d’une personne? Etre bien en soi? Aller de l’avant et faire toujours mieux?
MB:
Le bonheur, pour moi, c’est avant tout être en bonne santé et avoir les moyens de vivre décemment. On l’oublie trop souvent mais des millions de gens dans le monde ne peuvent satisfaire leurs besoins les plus élémentaires. Ensuite, je dirais que c’est être bien et en paix avec soi-même. Ca paraît évident comme ça, mais beaucoup de personnes ne supportent pas de se retrouver seules, ne serait-ce qu’une heure ou deux, parce qu’elles se retrouvent alors face à elles-mêmes et que ça crée en elles un sentiment de malaise, voire de panique. J’en connais autour de moi et je trouve ça triste. Et puis, c’est aussi aimer et être aimé, et apprécier tous les petits plaisirs simples de l’existence. Il y en a tellement et on ne les savoure pas suffisamment. Il faut vivre intensément et dans l’instant présent. Horace l’a dit en son temps : «Carpe Diem!».


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